dimanche 25 octobre 2026

Mes chansons les plus appréciées du monde arabe et Maghrébins

https://www.atramenta.net/lire/des-chansons-mythes-du-monde-arabe-mises-en-poemes-par-hafida-olives/60189 


L’auteur de ce texte écrit en dialecte algérien est Mustapha Toumi, artiste, peintre, compositeur, parolier et homme de théâtre d’Algérie, Né le 14 juillet 1937 à Bordj Menaïel et décédé en avril 2013.


Sobhanallah yaltif

(Ces gens-là)



Grand poète, maître, me nommait-on, connu sage et de juste raison mais voilà qu’un frêle oisillon vint en toute audace se mesurer à moi, j’en fus fort agacé :

Alors toi qui viens de frapper à ma porte ,
Toi, qui espère que je te tienne la main, 
Toi qui es là à ma porte,
Toi, mon brave hôte,
Qui, en âge du printemps et des fleurs
Veux tu entendre ce qui peine mon cœur ? 
Écoute puis médite bien mes mots :

Un jeune oiseau, fier de son plumage,
Dans la meilleure forme de son âge,
Vint m’irriter, pointant vers moi son arme dit :
Toi et moi avons un litige à régler, 
Défends-toi, si tu en es capable,
Toi qui prétends être des notables
Et si tu en as le sceau, si tant épaulé,
Montre-moi donc tes marques. 

J’ai répondu à l’interrogation
Comment ? Que dis-tu ? 
Pourquoi viens-tu me causer ainsi
En des termes haineux ?
Pourquoi cette colère et cette agitation ?
Vois, mon brave hôte ces gens-là
Ils croient que tout n’est que pouvoir
Qu’il suffit de foncer pour obtenir !
Ils traitent de peureux qui prend du recul !


Ce n’est pas une affaire d’honneur dis-je,
Si tu viens me défier, ainsi imbu de tes fringues
C’est plutôt l’outrage d’un contrevent ;
L’invective d’une vile envie
Ainsi je vois, les jaloux sont de la troupe !

Moi qui te croyais un bon ami allié
Et heureux de l’être
Te voici creusant sous moi des abîmes
Me jetant dans un malheureux piège
Es-tu donc à ce point mesquin et cupide ?
Tu devrais en avoir honte !

Je me désole de cet affront à sa personne
Moi qui là entend s cette chanson, je tente et je résonne
Écoute ce chant avec moi et raisonne,
Est-ce la fuite d’un bon sens qui sonne
La perte du respect des Maîtres
De l’enseignant de qui tant il apprit
De son père et de sa mère, de ces gens vieillis ?
Alors ensemble suivons encore ce que le maître dit :

Tu ne sais pas peut-être pas mon expérience
Ô combien j’ai traversé des mers
Et parcouru bien des contrées ? !
Peut-être est-ce toi le plus faible de nous deux
Toi qui es né que d’hier !

Tel que toi pauvre petit oisillon,
Tu n’as encore rien vu des sens du monde 
Ni n’as contourné toutes ses joies.
Un jeune pigeon comme toi
n’a pas suffisamment d’orgueil
Pour enfin assurer sa défense
Car un maître ramier pourrait te broyer
Et faire de toi un homme achevé !

Petit au beau plumage panaché
Ne vaut-il pas mieux pour ta paix
Que tu retournes d’où tu viens :
Ton bec ne pourra me faire la guerre en vain
et vois comme tes ailes sont fragiles !

Arrête ce discours fielleux et haineux, petit
Arrête de grâce, il n’est point poli
Corrige tes élans et ton humeur maussade
Petit, apprends à garder tes limites
Et cours dire à tous ceux qui t’y t’invitent
Qu’ils ne sont point de gens convenables

Je me désole de cet affront à sa personne
Moi, qui là entends cette chanson, je tente et je résonne
Écoute ce chant avec moi raisonne,
Est-ce la fuite d’un bon sens qui sonne
La perte du respect des Maîtres
De l’enseignant de qui tant il apprit
De son père et de sa mère, de ces gens vieillis ?
Alors ensemble écoutons encore ce qu’il dit :

Petit, il y a parmi ces gens-là,
Celui qui sans gêne débarque chez toi
Puis il se met en avant jouant au héros
Cogite et agite sa reluisante arme, 
Il s’invente, se vante d’un Moi,
Et défie quiconque ose lui ressembler !
Surtout si tu te montres bon ou conciliant, 
Si tu te tais de sagesse cherchant la paix ;
Lui fera de toi une selle de monture
Il te rendra pareil à une serpillière !


Il en est, petit parmi ces gens
Celui qui s’amène essoufflé,
Tellement torturé par la faim 
Que mille assiettées ne peuvent le rassasier
Ni même mille louches ! 
Il désire même un trône en marbre,
En jade fin, la richesse, les trésors
L’or et l’argent
Et beaucoup de diamants.

Je me désole de cet affront à sa personne
Moi qui entends cette chanson, je tente et je résonne
Écoute ce chant avec moi raisonne,
Alors ensemble écoutons encore quand il dit :

Est-ce la fuite des bons sens
La perte des valeurs
De l’enseignant de qui tant il apprit
De son père et de sa mère, de ces gens vieillis ?
Alors ensemble écoutons encore ce qu’il dit : 

Petit, il y a parmi ces gens,
Celui qui s’amène en pauvre nigaud
Repu de viande creuse,
un naïf dont le menton
N’a pas encore connu
La lame du barbier !
Il s’enfle tel un porc-épic !
Tel un corsaire à fausse moustache
Qui te vendrait piètrement au premier camelot.

Ou encore il s’amène tout pédant
Un type du genre crâneurs en beau parleur
Qui s’approprie les paroles d’autrui
Jurant siennes par le saint Livre et les seigneurs.
Petit, un être de cette trempe
Est un fieffé menteur
Il trompe en jurant par tous les noms
Il a le serment facile
Car il tourne les mots à son avantage
Tout en égrainant son chapelet
Se prenant pour un prêcheur.

Ou bien il se présente en bon mesquin
devient un hôte à ta porte
Drapé de ses haillons
Pendant les jours du froid,
de la pluie, du gel et des vents qui mordent.
Il passe ainsi son temps dur,
Et vis à tes dépens !
or il suffit à l’invité qu’il s’incruste chez toi,
Vite, il songe en devenir maître
et te rend toi son domestique !

Et même à tes amours s’en prend
Sinon dis, qui a chargé ma douce colombe ?
Vois comme je pleure les coups bas
Car avec elle il n’eut jamais
de querelle ou de différent,

Sûr qu’il y a quelque chose derrière cela
Pour qu’elle ait ainsi changé en s’en allant.
Ainsi ce fût pour le faucon
quand sans raison rompit les liens
Il s’en alla vivre ailleurs
Me laissant sans nouvelles
broyé par les peines de l’absence !
C’est ainsi que souvent on croit
Qu’untel est un ami or c’est un serpent
qu’on porte en soi.

Gens de mon pays à vous je dis
Honte à vous !
Quelle bassesse !
Quelle mesquinerie de votre part !
Votre plan fut bien ficelé et réussi
Par des mains expertes
Sans aucun égard à mes bienfaisances 
Sachez alors que vous ne valez rien à mes yeux
Même pas la ration d’une bête au marché des charognes !
Ce n’est ni d’amitié ni même pas de connaissance
Ceci n’est ni de parenté et moins encore d’alliance !

Comment le cœur peut-il s’assainir
Après que vous l’ayez haché à tout menu ?
Perdu est celui qui vous choisit comme amis
Il ne récoltera que misère sur misère !
Et toi, mon brave hôte à ma porte ,
Réponds à mon salut sans crainte
Et viens te réchauffer
Tu n’ignores pas qui nous sommes :
Nous sommes par excellence bons hospitaliers,
jamais notre hôte n’a été déçu !
Prends place sans peine et ne sois pas timide.

On croit le maître quand vieilli, ne fait que rabâcher
Que son flambeau s’éteint et qu’il se meurt
Or auditeur de ce chant,
La sagesse du maître ne peut vaciller
Entre la veille et le matin
Au vu et su de tous.

On croit que le maître vieillit
Qu’il ne fait que délirer
Que son épée s’émousse
Or, la voix du maître,
Auditeur de ce chant,
Continue de porter loin encore
Et son sabre adroit
Demeure par tout chemin,
Célèbre et redouté

On prend le maître pour un vieux bœuf
Et déjà les lames s’aiguisent en douce
Or le maître,
Auditeur de ce chant,
N’est point enchaîné et ne saura être
Une viande d’holocauste ou un bête de sacrifice !

Je me désole de cet affront à sa personne
Moi, qui entends cette chanson, je tente et je résonne
Écoute ce chant avec moi raisonne,
Est-ce la fuite des bons sens
La perte des valeurs
De l’enseignant de qui tant il apprit
De son père et de sa mère, de ces gens vieillis ?
Alors ensemble écoutons encore ce qu’il dit :

On croit le maître vieilli
Que sa verve a desséché
Et quoi qu’ils fussent
Il leur semblait insuffisant.
Or le maître,
Auditeur de ce chant
Les ignore et laisse aller
Même s’il voit tout
La vie suit son cours.

Je me dois de couper tous les liens
Avec ceux dont le fond
Ne m’espère du bien
La loi de Dieu
N’a-t-elle pas banni
Les viles connaissances ?

Les aléas du temps,
Je les connais depuis longtemps
Un jour j’avais cru
Découvrir la demeure
De la bienveillante gent du bien.
Or, ceux que j’y ai trouvés
étaient éprouvants n’ayant
Ni valeur ni vertu,
Pour une bagatelle
Ils se montrent ingrats !

Petit, mes efforts ne sont pas peu
Combien de poèmes ai-je fait
À la rime exquise
Nul ne peut le nier ?
Mon art, je ne le dois pas
À de grandes écoles
Je n’ai pas une très grande culture
Je n’ai eu pour maîtres
Que misère et privation

Mon pain est de blé dur
Gagné à ma sueur
Ma demeure est connue
Je ne suis pas mesquin
Je ne suis pas ingrat
Je vis en honnête homme
Et ainsi je vais.
Je n’ai pas pour habitude de parler dans le dos
De radoter ou médire sur les autres !

Sur ce, me sont témoins
Les gens proches et lointains !
Je ne suis pas homme
À donner des os à ronger
Ma source coule toujours
Et mon sol n’est point stérile !

Le lion vit et meurt lion
Dût-il être affaibli
Les loups lui vouent respect.
Le lion reste lion
Même quand il vieillit, les chacals le redoutent

Une main liée ne saurait opérer
La barre et le safran
Par une mer impétueuse !


Sachons selon Giacomo Leopardi 
Que nul ne devient homme
s’il n’a d’abord acquis une grande expérience de soi-même,
se forge un jugement sur son propre compte
et ainsi détermine en quelque sorte sa destinée et sa vie.

Fialyne Hafida Olivès

Ou

Hafida Olivès 



Reste incontournable notre maître El hadj el Anqa 

http://youtu.be/X04nBjVRCPE?si=E0yQLInTVGh3xUKl

L’auteur de ce texte en dialecte algérien est Mustapha Toumi, artiste, peintre, compositeur, parolier et homme de théâtre d’Algérie, Né le 14 juillet 1937 à Bordj Menaïel et décédé en avril 2013.