Fialyne, Fialyne Olivès, Fialyne Hafida Olivès sont les noms de plume de Hafida Olivès, née en Algérie. Ses deux passions sont la lecture et l'écriture. Ses recueils sont : -Sous les jasmins - La feuille rouge du saule pleureur -IIda, algérienne devenue
lundi 2 juin 2025
Douceurs et paysages
jeudi 1 mai 2025
Le retour des roses
Le retour des roses
Aux sons tambours des cœurs
Passent oppressantes les heures
Dans le jour qui fuit puis bascule
A l'instant crépuscule.
Souffle un vent peu sage
Ses notes plaintives aux nuages.
Couvrant ainsi les lumières
D'un firmament en prière.
Et de l'enveloppe grise
Tombent soudain en crise.
Ces fines larmes
Qui la terre alarme.
Pleurante, l'ondée impose
Son ordre au paysage morose.
Et de dessous les feuilles mortes
Renaissent des roses plus fortes
Fialyne Hafida Olivès
le 17/01/2008
Le retour des roses
mardi 3 décembre 2024
Les mots que tu as laissés, à Mahmoud Derouich
Quand un jour, poète, ton corps tel un amas de poussière,
Quand loin de ta lumière, rien n’aura changé
Que la haine çà et là sévissant encore
Chaque parcelle de toi se soulèvera
En mots dits, ces mots tant répandus
Des mots tendus à qui sait bien prendre
Et qu’auras-tu dit homme ?
Que la terre est un présent à tous
Que l’homme ne peut se nourrir de mépris ?
Qu’auras-tu gravé sur les parois du temps,
Dans la tête petite et éveillée de l’enfant,
Pour lui donner une image d’un monde décent ?
Qu’auras-tu dit ?
Ô brave gens, retenez bien
Que c’est en se serrant la main
Qu’ en se serrant les coudes qu’on s’aime à la fin
Qu’on se partage et que personne n’aura faim !
Qu’auras-tu dit pour barrer à la mort le chemin,
Qu’elle ne pleuve sur des terres faibles ou endormies !
Car à ce moment là, tes mots reviendront
traverseront les esprits comme des soldats
Puis te feront face en témoins du temps
D’un homme mort, toi poète,
Mort au combat pour la paix et la vérité.
Fialyne Hafida Olivès
Texte écrit le 11/08/2008
samedi 26 octobre 2024
Tu seras libre ô liberté
Tu seras libre ô liberté
Tu seras une fleur aux pétales blancs de jasmin ou de rose, une senteur embaumant les demeures, une douce brise caressant les âmes solitaires en pleurs.
Tu seras un éclat de lumière pour ceux noyés dans l’abîme, un rayon réveillant les matins pour les rendre heureux sur terre.
Tu seras la joie qui ôte l’ennui dans les cages d’or des oiseaux aux ailes soyeuses ne sachant plus s’envoler ni battre l’air.
Tu seras la clé des portes scellées, un déroulé de blés sur les terres damnées, un ciel ouvert pour tout être longtemps cloîtré.
tu seras l’espoir dans ces pays perdus, une force aux bras faiblis, figés dans le temps et restés sans pouvoir.
Tu seras le courage, celui qui te murmure de te relever après chaque chute, celui qui te donnera l’envie de recommencer, te reconstruire et continuer sans haine et sans rage.
Tu seras le droit de vivre et d’être, tu seras belle et libre ô liberté, tu seras une étoile scintillante dans le ciel du pauvre démuni, dans la nuit d’un enfant qui pleure, ô larme cachée au fond des cœurs.
Fialyne
Hafida Olivès
Quand danse l'abeille
Quand danse L’abeille
Ne croyez surtout pas qu’elle se perd
Quand elle tourne en rond dans les airs
Non, c’est d’une découverte qu’il s’agit
Du pollen qu’elle avise ses amies .
Elle adopte les temps de la cadence
En ronds et en huit, frétille et danse
Mais quelle fréquence a notre abeille
Pour qu’ainsi accourent ses pareilles ?
La nature a des secrets qu’elle sait
Pour les uns , les autres un bienfait
Le miel étant un remède qui nourrit
Pour Terre fleurie sommons la vie.
Hafida Olivès
Date de publication sur Atramenta : 5 mai 2016 à 23h32
samedi 19 octobre 2024
Comme un écho du temps
Comme un écho du temps
Balles et chaînes de fer ficellent les destins
Il y a longtemps qu’ils traînent leurs pieds,
Dans les sables s’inquiètent du chemin
Et la vie pleure encore sous le palmier.
Ils sont là ces corps en tenue de glace
Et tant d’audace, sur cette photo jaunie,
Lourdement armés et l’air coriace
Par devant le gris une enfant a surgi.
Où cours-tu petite fille apeurée ?
Robe de sang, peur bleue et misère
Freinent ta vie aux vils freins du temps
On ne vit pas dans les camps ciblées.
Réduite en pierre, elle n’a plus de cœur
Mais qui es-tu toi qui t’octroies des droits,
De tes mille bras tu dresses le malheur,
Quand le sable te file entre les doigts ?
Tâche minime au sein de l’univers
L’enfant ressent l’effroi des êtres blasés
Dehors, tempêtes et orages sur la mer
Des corps poussent, ils seront bientôt nés !
D’autres jaillissent du ventre des troupes
Une parodie, comme un écho du temps
Les dents aiguisées invisibles à la loupe,
Rien n’excuse le malheur des enfants.
Fialyne
Hafida Olivès
Date de publication sur Atramenta : 22 octobre 2016 à 9h44
Le poète et le docteur
Le poète et le docteur
Docteur, je tousse, je suis souffrante !
Ah, que j’examine le fond ce qui vous hante,
Vous serai-je alors habilité d’une ordonnance ?
Je vois bien dans le cœur une affection
Émanant du refus infligé à la raison
L’esprit étant fébrile, de haute température
Trace sur votre âme bien des ratures.
Est-ce grave docteur, j’ai une inquiétude ?
Je me sens mal bien perdue dans ma vie
Au fond de ma voix les mots se coincent
Nauséeux, ils me piquent et me pincent
J’ai mal. Qu’on me soulage et que ça cesse !
Alors, je vous prescris l’infusion de l’oubli
À prendre en plusieurs fois sans préavis
Sortez de votre rêve et allez vers la vraie vie
Car vous souffrez d’une angine aiguë de poésie.
***
La santé du poète repose sur les mots
Quand insensés, engendrent des maux.
Fialyne Hafida Olivès
Catégorie : Poésie
Licence : Creative Commons BY-NC-ND
Date de publication : 05/11/2014
Format : 21x27.9cm
Site www.Inlibro Veritas.net
samedi 12 octobre 2024
Pleure, petite, texte écrit en 2008
Prudence
Prudence
Qui a un toit de verre ne lance pas des pierres chez son voisin
La pluie tombe toujours plus fort sur un toit percé,
Et un mensonge est un saut du haut du toit !
Mieux vaut un « tiens » que deux tu l’auras
Et la main qui donne est meilleure que celle qui reçoit
Tout bon travail mérite bon gain.
Ne prends une promesse en monnaie comptant
Ni ne quitte le certain pour l’incertain,
Car en toute chose, il faut considérer la fin.
Avoir deux cordes à son arc est de mise
Quoique certaines précautions nuisent
Et se retournent vers les mains qui tirent.
N’oublie pas qu’un homme averti en vaut deux :
Des brebis au loup, ne pas donner
Le loup les mange, chacune comptée !
Plutôt la queue du lion que la tête du renard
Auquel il ne faut jamais se confesser,
Deux précautions ne sont pas à négliger.
Folle est la brebis qui au loup se confesse
Car de dos toute vue perçante cesse,
Prudence est mère de sûreté.
Il ne faut pas aller plus vite que le violon
Et ne pas confondre vitesse et précipitation,
Sachant bien que qui va à la chasse perd sa place.
Que de conseils laissés par les nôtres
Alors écoutons-les tout en enlaçant d’autres,
Puis avant d’agir tout bien mesurer.
Hafida Olivès
Date de publication sur Atramenta : 7 février 2017 à 10h11
jeudi 12 septembre 2024
La dispute des lettres de l'alphabet ( texte revisité)
La dispute des lettres de l'alphabet
Les Consonnes et les voyelles sur un trône posées
Se mirent étrangement à se vanter prônant leurs rôles :
Sans nous disaient-elles, dans un air assurément drôle
le monde ne serait Invention, art et technologie
Par notre combinaison et notre grâce, que d’avancée !
Tiens donc répliqua la phrase que vous êtes vantardes
Mais sans moi vous ne seriez que lettres hagardes,
Les mots en moi bien agencés, expriment bien des idées.
Que dites-vous s’écrient les Voyelles écrites et parlées
Parées d’accents graves, aigus et bien circonflexes
Devant leur maître Alphabet, le laissant perplexe ;
Ne sommes-nous pas des signes, des lettres de douceur
Des sentinelles du son qui protègent l’ouïe sans cesse
Quand les consonnes traversent l’oreille, l'agressent,
Afin que l’esprit avide de calme ne hurle ô bruit, ô douleur
Aux nerfs qui se tordent et à la voix qui s’enroue
Qui n’enchante point, d'une folie dévoilant les dessous ?
Non mais s’indignent les consonnes ; pour l’homme
Une force sûre qui impose qui nous sommes
Ainsi une seule lettre, à qui veut mal ou croit ou prétend,
Tel un coup de fouet, redresse celui qui n’entend !
Voyons dit Alphabet, cessez pour rien vous disputer
Consonnes et voyelles ensemble êtes importantes
Unies, vous formez le langage, l’aubaine communicante
Vous êtes telles des notes musicales, élaborées et aimées
Car par votre grâce l’homme exprime ses idées !
C’est lui qui vous a inventées pour vous utiliser
Ainsi les silences rompus, qui ne peut parler, écrit !
Fialyne
Hafida Olivès
Date de publication sur Atramenta : 13 mars 2017 à 12h26
Publié sur ILV en 2013
jeudi 18 juillet 2024
Des dictons de l’Algérie profonde
Des dictons de l’Algérie profonde
Auteur : Fialyne Hafida Olivès
Catégorie : Citations
Les dictons populaires sont un patrimoine indéfectible d'Algérie qui se transmet de père en fils et de mère en fille. Ainsi j’ai appris avec ma mère un très grand nombre que je transmets traduits en français pour ceux qui veulent découvrir et apprendre la culture algérienne.
Un seul dicton vaut une thérapie. Les utiliser est une manière subtile de polir certaines peaux. Et qui ne sait pas les utiliser a perdu un peu de son âme. Je reste fière d’être la première à avoir pensé à publier ces dictons en français, ce fut il y a au moins 19 ans.
Mon dicton préféré :
la Sagesse est repos.
Et vous lequel préférez-vous ?
Les dictons de l’Algérie profonde
1- Une réplique immédiate est parfois un remède ( El klam fi waqto adwa )
2- Il y a ceux qui ont la réplique sur les lèvres, d’autres l’ont en se
creusant un peu la tête et d’autres vont la chercher chez la mère
.( kayine elli laklame fi famo, wa elli fi kemmo wa elli ey djibo mine 3and ammo)
3- une mouche ne pénètre jamais une bouche fermée.
(El fom el mazmoum ma tadakhlo dabana )
4- Ce qu’il y a dans la tête du chameau n’est pas dans celle de son guide. (elli fi rass el djml mahi fi rass sayego)
5- Celui qui m’échange pour une fève, je l’échange pour sa peau. ( elli badlek bel foul, badlo baqchourou )
6- Celui qui a vécu son temps ne peut convoiter celui des autres. (elli 3ach waqto ma yattma fi waqt ghiro )
7- Porte ce qui te sied, fréquente ceux de ton âge et n’épouse que celle ou celui qui respecte ton entourage.
*Porte ce qui t’habille, fréquente tes amis mais n’épouse que celle ou celui qui respecte ta famille. (elbass qadek, khalett nadek, ou khoudh elli ta3ref quimette babak ou djadek )
8 -Mieux vaut épouser la folle fille de la sagesse que la sage fille de la folie. ( khoud el mahboula bent el 3aqla wala el 3aqla bent el mahboula)
9- Celui qui ne peut endurer les ennuis de la vie, ne peut se rassasier de ses fruits ( elli ma eydjouwaze amrar ha ma yachba3 atmar ha.)
10 -Celui qui fait seul ses divisions, se trouve bien des restes.( elli yahseb wahdo ey chittlo)
11- Celui qui s’inflige une gifle ne peut pleurer et s’il pleure qu’il baisse la voix.( elli derbatou yeddou ma yabki )
12- Achète le voisin avant d’acheter la maison.( achri eldjar qbel mine eddar)
13 Si ton voisin ne te plaît pas, déplace ton entrée. ( elli ma3adjbou djaro, ey hawel bab darou )
14- La porte qui te donne du courant d’air, ferme-la. ( el bab elli ey djik minha errih seddou wastarih ( dicton égyptien))
15- L’œil ne voit, l’oreille n’entend.( El 3ain ma tchouf wel wadn ma tasma3)
16- Celui qui ne te connaît, te détruit.( elli ma ya3arfek ey khassrek )
17- Les bons marchés se font toujours tôt le matin. ( Essouk asbah)
18- Ce qui ne t’appartient pas, te fatigue seulement. ( elli ma hou lik ghir ey 3ayik )
-19 Celui qui ne se suffit de sa tombe, monte chanter dessus. ( elli ma akfah qabro, yattla3 yaddene foqo )
-20 Il a passé une nuit avec les poules, le voilà qui se réveille coquetant. ( batte lila am3a el djadj, asbah ey qaqi )21- J’ai un caillou dans la chaussure.(Avoir un problème) ( 3andi hadjra fi essabatt)
22- Il m'a agressé, se mit à pleurer puis m'a devancé se
plaindre … ( adrabni wabka, wa asbaqni wachtka)
24- jamais l'oeil ne peut grimper au-dessus du sourcil. ( el 3ain ma tattla3 foq el hadjeb )
25- Vis avec un peuple 40 jours, tu leur ressembleras. (3ich 40 youm am3a qom tasbah abhalhom )
26- La beauté physique n’est pas suffisante pour construire un foyer. (azzine ma yabni eddar)
27- Il n’y a pas celle qui a épousé son père ou son frère.( makach elli akhdette bouha wila khoha )
28- Qu’il soit intelligent plutôt que diplômé. ( Attihouli fahem, lahla aqraa)
29- Celui qui rapporte, colporte. ( elli yaddi ey djib )
30 -Moi je vous dis Maître, à vous de rester à votre bonne place. ( anna anqolek sidi wenta a3ref maderbek )
31- (L’entente) : La couleur vient de la qualité du henné ainsi que celle des mains. (chwya mine el henna wa chwya mine arttabet el yaddanine)
32- ll vole avec le voleur et pleure avec la victime. ( yasreq am3a sareq ou yabki am3a moul eddar )
33- Quand une conversation est entre deux personnes, la troisième n’a
pas d’oreilles. ( el hadra bine athnine wa thaleth ma 3ando wadnine )
34- Il est doux comme un morceau de sucre. ( ahlo ki assouker )
35- On dit aussi du gentil qu’il a un cœur blanc comme le lait. ( qalbo abyad ki lahlib )
36- On dit : celui qui sait parler a des mots doux comme le miel. ( aklamo ahlo ki assouker)
37- Mange dans la main d’un généreux affamé que dans celle d’un
avare rassasié. ( koulha mine yad acheb3ane illa dja3 ou matakoulhach mine yad el dji3ane illa achba3)
39- La sagesse est repos. ( la3qel fih raha )
40- Si un homme te menace dors tranquille, mais si c’est une femme qui le fait alors reste éveillé. (illa ahlef fik radjel, arqod amhani, illa halfet fik amra bett qa3ed)
40 -Va en paix, ni peur ni regret ( roh la khouf wala anedama)
41- L'amitié du frère dure, celle d'un e ami e dépend de ton attitude. ( kkouk, khouk, illa ey gharek sahbek )
-42 L'aide d'une maman est toujours convoité même si elle se tient sur une canne. ( el yemmat mattmou3a hatta willa kanet a3la 3akkez ( 3akkaza)
* illa =ida= Si ( les algérois disent illa pour exprimer la condition avec si
- 43 Du sans gêne on dit :Ambarek, rentre avec ton âne (Adkhal ya Ambarek bi ahmarek
- 44 Qui ne l'a payé e de son portefeuille ou porte-monnaie ne connaît sa valeur ( elly ma djab ha mine asrima ma ya3rafel ha el qima)
-45 La qualité a son prix, à prix bas, qualité réduite. ( elli 3adjbo rakhsso, khalla nesso)
Œuvre publiée en 2007 sur le site Inlibro Véritas sous le pseudo Fialyne
Puis Fialyne Olivès et Fialyne Hafida Olivès.
Remerciements : Merci à tous ceux qui ont apprécié et utilisé l'un de ces dictons, tel présenté en français.
vendredi 8 décembre 2023
On ne cueille pas les étoiles
Le ciel où resplendit cette étoile
Hafida Olivès
Ou Fialyne Hafida Olivès
Publié initialement sur Atramenta Le 6 décembre 2014 à 22h34
Les mots qui tiennent par la main
Ô combien la douleur rassemble,
Combien la solitude unit,
Les plus farouches en amis,
Tisse des liens,
Lie l’homme à son chien,
L’homme à son chat !
Ainsi le verbe aimer naît,
Sentiment, peut-être, vrai
Plus fort qu’on ne croit
Qui ne ment pas
Telle une promesse au cœur,
Met tout son être
En gage, tout donner
Entier se livrer,
comblant un cœur déserté
Qui, l’absence pleurant
Coule sur les joues de l’autre.
L’autre qu’on gagne de partage
Qu’on enchaîne d’attaches,
L’autre, qui enlace l’âme sans frôler,
L’autre au sourire de patience
Qui devient l’essence,
Pose la lumière sur un cœur
Qui se croyait mourir
Se relève de ses reflets
Qui viennent à le guérir !
Ainsi rayonne la vie,
Ainsi naissent les étoiles
Ravivant des tristes cieux
Et l’on est ravi.
Ainsi rayonne la vie,
Et s’ensuivent les mots
Sur les nuages s’étendent
Heureux d’être si beaux,
Se confondent si bien
Qu’ils s’en perlent saphirs,
Pour se voir jaillir
Du plus profond des cœurs,
Peignant les hivers en couleur.
On les appelle confiance,
Au rythme de l’espoir
Plus doux que la soie,
Des mots, juste pour toi ou moi.
Il faut croire pourtant,
Qu’il ne faut pas grand-chose
Pour que les mots s’effritent,
Les mots s’effacent
Qu’il ne faut pas grand-chose
Pour qu’un cœur se brise.
Quand la confiance se perd,
Plus rien ne sert
Tout s’effondre et tombe
Il suffit pourtant d’un rien
Pour tout refleurir
Qu’un mot qui te tienne par la main.
Hafida Olivès
Ou Fialyne Hafida Olivès
Le 6 décembre 2014 à 22h34
Terre et paix
Comme une mer qui respire l’oubli emportant dans ses vagues les
tracas, m’enrobe une plénitude de paix.
Là où la nature suit son cours, là où l’astre de lumière descend
chaque soir embrasser sa mer puis emporte ses rayons ailleurs,
laissant des étincelles suspendues sur son voile sombre, là où l’astre
de nuit, fille de toute beauté souvent s’en mêle éclatante de clarté.
L’amertume n’est jamais éternelle. En dessous remontent les
larmes en gouttes d’or.
Un trésor qui surgit du fond de mon corps de pierre qui se brise à
la douceur, l’instant qui change le sort après un tort.
Là où naissent les mots qui pansent, les mots du silence, les mots
sans maux, les mots qui jamais ne blessent. Là où naissent les
poèmes, là où souvent je me surprends enterrant mes drames, là où
sans graines poussent mes fleurs s’étendant sur chaque parcelle d’un
moi calme et serein.
Là, sur cette terre qui rassemble, au-delà de tous les vacarmes, une
terre d’une paisible beauté tapie entre mon corps et mon âme, si près
et si loin.
Fialyne Hafida Olivès
ou
Hafida Olivès
Le 6 décembre 2014 à 22h34 sur
mardi 30 mai 2023
El Meknassia
C’est un texte et une adaptation de la poésie maghrébine, écrit par Kaddour El Allami(1742-1840)
Mais où vont donc les valeurs,
Où meurent-elles ?
Quand le ciel unit les êtres d’amitié,
Dans l’absence, l’un devient l’autre,
L’élève si haut et si bien,
Ne permettant son rejet des groupes ;
Preuve d’amitié étant telle,
Qu’elle ne laisse place aux doutes
Se soulevant contre qui ose le rabaisser !
Mon cœur ne se chagrinerait pas
Si on ne se jubilait pas de ma défaite !
Aurais-je le courage de m’en aller
Ô mon Dieu, sans me sentir tristement peiné ?
Exilé de mon pays, pourrais-je encore
Le fouler avec les hommes ?
C’est à Haouz Bouteiba que j’ai connu la richesse,
Là où les êtres à l’âme pure avaient de la noblesse
Là où en confiance, j’ai tout donné,
Mais à ce désistement, j’ai des regrets
Et mon cœur en est si affligé.
Me voici loin de mes proches,
De mes amis, des miens,
Des êtres les plus chers, sans rien
Le cœur meurtri, démuni
Sans biens et sans amis.
Serait-il serein celui qui a fait de moi la risée ?
Trouverait-il la paix dans l’inconscience
Celui qui m’a voué à l’égarement et à l’errance ?
Refrain :
Honte à vous, ô Maîtres de Meknès !
Vous croyant hommes vertueux,
Ma demeure était sous votre protection.
Ma confiance aux hommes,
Voilà la raison de ma ruine.
Loin des miens, j’ai encaissé les coups
Que mes plaintes infinies prirent l’ordre du fou
Je sais pourtant, je sais, Ô êtres de mon sang,
Que rien ne m’apaisera pourtant
D’être séparé de mes frères et
De par ma mère, mon père, ma nation où je suis né.
Et la joie que je simulais n’était que tristesse dissimulée.
Ma bouche riait alors que les abysses me gagnaient.
De prudence avec mes ennemis,
J’enfouissais mes malheurs sous terre
Tel un nageur dans la mer,
Je lâchais prise pour affronter les abrutis.
C’est ainsi que j’ai enduré les aléas de la vie.
Mes forces flanchèrent. Mon silence grandit,
Je devins muet.
Je ne pouvais me pardonner.
Me battre, dans ce monde, tant
J’étais l’éphémère que le malheur rongeait
Ainsi qui m’aime, me met parmi les êtres bien-nés,
Et qui me hait, se réjouit avec les méprisants.
Voici cette histoire telle un poème
Que l’on raconte aux bohèmes
Composé sur un parchemin,
J’use de l’écriture d’une main
Étrangère, et sans harmonie
Comme une belle citadine de Fès
Qui enlace un vulgaire Gnaoui.
Refrain :
Honte à vous, ô Maîtres de Meknès !
Vous croyant hommes vertueux,
Ma demeure était sous votre protection.
Ma confiance aux hommes,
Voilà la raison de ma ruine.
Combien furent-ils à souhaiter ce départ,
A se réjouir de ma présence sans rempart ;
Combien furent-ils à feindre la bienveillance,
La compassion à mon sort,
Les pleurs sur mes épreuves.
Combien furent-ils à me conseiller,
A embellir la perte de mon foyer ;
Combien furent-ils à me railler, à m’accabler
Le jour où je quittai mes amis, mon nid
Pour aussitôt me retrouver sans logis ?
Que d’amis m’entouraient courtisant mes biens !
Nuit et jour, chez moi, ils peuplaient mes liens
En ce temps, que de gens relations et amis
Où je tenais toujours ma table bien garnie !
Ils ne songeaient qu’à la trahison
Et qu’aux profits tels des poissons
Lesquels, la tête hors de l’eau,
Chassaient les hameçons sous les rôts.
Cette blessure m’a révélé la conduite des hommes ;
Quand je fus sans toit, ni argent, ni habit
Quand en rencontrant un ami,
Il se contentait d’un signe au-dessus de l’épaule
Comme s’il ne m’avait jamais adressé la parole !
Refrain :
Honte à vous, ô maîtres de Meknès !
Vous croyant hommes vertueux,
Ma demeure était sous votre protection.
Ma confiance aux hommes,
Voilà la raison de ma ruine.
Leurs propos blessent, leurs regards brûlent,
Leurs gestes sont porteurs de malédiction ;
Malheur à celui qui s’absente !
Ils ne cessent de le calomnier ;
Sans prendre de poignards,
Au fil de l’éclair, dépècent sa chair.
Comme des loups, ils hurlent nuit et jour.
Leurs démons opèrent spontanément sans cérémonie.
Cette blessure m’a révélé la conduite des hommes ;
Malheur à celui dont la poche s’est vidé !
Mais mieux vaut s’accompagner d’un sou en cuivre
Que de chercher la présence de certaines gens.
Refrain :
Honte à vous, ô Maîtres de Meknès !
Vous croyant hommes vertueux,
Ma demeure était sous votre protection.
Ma confiance aux hommes,
Voilà la raison de ma ruine.
Où sont mes compagnons,
Mes innombrables camarades ?
Où sont mes intimes ?
Où sont mes amis ?
Je n’ai vu aucun d’eux à l’heure des peines.
Ils se voilent la face,
Ils se cachent délibérément
Sans égard pour mes bienfaits,
Sans se souvenir de mes bontés,
Comme si j’étais un piètre étranger ;
Les uns ne m’ont plus jamais parlé,
Les autres ne cessaient de me toiser ;
C’est ainsi que des hommes vils
Me rappelaient ma situation.
Comment oublier mes épreuves
Dans les ruelles de Meknès ?
Isolé, mes nuits et mes ennuis
Passés dans des caves de minotiers ?
Dans les marchés sordides,
Les échoppes finirent par me rejeter
Ainsi que les chambres, les auberges
Et même les nattes.
Que de nuits j’ai veillé le sommeil de mes amis !
Et me voilà assis à la porte des tailleurs !
Ma vue rehausse à leurs réunions,
Qu’ils prolongent en m’accablant
De reproches et de vilénies.
Mieux vaut dormir sans dîner
Que de partager un repas contrariant.
Plutôt la misère et l’exil
Que l’amitié des malveillants.
Refrain :
Honte à vous, ô Maîtres de Meknès !
Vous croyant hommes vertueux,
Ma demeure était sous votre protection.
Ma confiance aux hommes,
Voilà la raison de ma ruine.
Où sont mes amis que je croyais respectables,
Me protéger tels des capables
Si je devais alors les solliciter ?
Ils se mirent à me dénier,
A m’insulter avec des paroles
Plus douloureuses que des piqûres d’aiguilles.
J’ai enseveli mon malheur
Dans la mélancolie de mon cœur,
Je me suis soumis aux lois du Destin.
Ma liberté, ma dignité, mon honneur
Ne se trouvent que sous mon toit.
Dieu soit Miséricordieux aux maîtres glorieux,
Aux patriarches qui ont transmis
Tous les enseignements de l’au-delà.
Les moments difficiles révèlent
La nature de l’homme ici bas.
L’ami d’hier peut devenir un ennemi certain.
Qui sait écouter ces hommes illustres,
Son malheur s’effacera
Et ses colères s’éteindront.
Il en tirera un bien,
Des mois et des années durant…
Malheur à qui construit sa muraille sans fondation !
Malheur à qui se mêle au combat sans épée !
Malheur à qui prend la mer sans capitaine !
Malheur à qui escalade les cimes sans cordée !
Refrain :
Honte à vous, ô Maîtres de Meknès !
Vous croyant hommes vertueux,
Ma demeure était sous votre protection.
Ma confiance aux hommes,
Voilà la raison de ma ruine.
Me voilà déçu par mes amis,
Que d’envieux ont aimé mon malheur !
Merci à Dieu d’avoir su ma part de bien.
Lui, Le Généreux a changé ma peine.
Il m’a donné dans cette vie,
Récompense et gratification,
A mes ennemis, a infligé
Jugement et châtiment.
Seras-tu en paix, toi que l’épée d’Azrail (Gabriel) attend
Le tombeau et le Royaume,
Le Jour du Jugement Dernier ?
Peux-tu t’élever, toi qui vis dans la médiocrité ?
Toi dont l’âme te murmure que tu es le meilleur ?
A la moindre atteinte, tu t’effondres
Ô fils d’Adam, si riche sois-tu,
Tu seras porté dans un cercueil.
En ce monde, tu as été créé de terre ;
Tu finiras dans la tombe, homme injuste !
Regarde ce que recouvrent tes habits,
Toi qui es plein d’impuretés.
Ah, si le vêtement ne dissimulait pas tes erreurs !
Ainsi l’auteur Kadour El Alami,
Sage et bon vous dit :
Vous, Hommes avisés, craignez Dieu,
Sinon vous le regretterez’.
J’ai obéi docilement aux enseignements
Écouté les maîtres et les cheikhs.
Seul, Le Seigneur, Le Tout Puissant
Connaît le fond des cœurs.
Je suis sage et instruit
Grâce aux savants sagaces
Je suis considéré, cultivé
J’ai appris de mon éminent maître.
Ainsi suivant les prescriptions divines
J’ai vécu dans la sérénité.
J’ai loué et remercié mon Dieu,
Dispensateur de toutes les grâces.
Texte adapté par Fialyne Hafida Olivès
Ou
Hafida Olivès
https://youtu.be/tWrxCJWCYf8
https://www.atramenta.net/lire/des-chansons-mythes-du-monde-mises-en-poemes/60189
Meditations sur l'exil dans le texte Je fais comme fait le nageur dans la mer de Sadek Aissat et son rapport avec le poeme El Meknassia.
Citation metadata
samedi 15 octobre 2022
jeudi 5 avril 2018
El Mutanabi
« Si un homme me dénigre c’est le meilleur témoignage de ma perfection. Ainsi j’étais même parmi les miens et même dans ma patrie. L’homme supérieur, où qu’il soit, est, partout, solitaire. Ils s’épuisent, ces petits poètes, à vouloir se hisser jusqu’à moi. Comme des singes qui veulent imiter l’homme mais à qui manquent la parole. »
El moutanabi.
La solitude d’un homme / al-Mutanabbi. Choix, traduction de l’arabe et présentation par Jean-Jacques Schmidt. La Différence (Orphée), 1994.
"Je suis le meilleur et je vous méprise : on ne pourra jamais accuser Mutanabbi (915-965, Irak) d’être modeste."
https://projetorphee.wordpress.com/2014/01/13/la-solitude-dun-homme-al-mutanabbi/
Pour les enfants perdus dans le monde
Invitant mon destin à son dernier sillage
Se replient mes usages dans la main du temps
Et la nuit me berce jusqu’au dernier voyage.
Quand vient ma fin, l’arbre et l’eau demeurent la vie
Vois l’ultime goutte de la mienne qui s’en réjouit
Roule sur la feuille que je suis avant de tomber
Luisante Sous l’œil rond du soleil et ses reflets.
Bien d’autres en riront d’un rire fou éclatant.
Dans ma robe chancelante dans ses lambeaux
Seul toi me verras un louis d’or sur le tombeau,
Me verras reine sereine au fil de mes mots.
Un tendre regard dans le cœur de chacun se hisse
Un amour universel pour nourrir la ronde
Et en couvrir les enfants perdus dans le monde
Hafida Olivès





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